Emmanuel Macron, « Le désespéré » non pas de Gustave Courbet mais de l’Elysée

Pour freiner sa chute aux abîmes, Emmanuel Macron se doit de prendre distance et hauteur. Sa fin de règne est aussi celle du macronisme, et des macronistes, qui sombrent avec lui, même quand ils tentent de se sauver.
Avec le Qatar, la France détient en garde alternée Le Désespéré de Gustave Courbet. L’artiste s’y figure dans la force de l’âge, le teint blême et les yeux exorbités fixant le spectateur. Il occupe tout l’espace et inquiète.
Tout comme Emmanuel Macron. « Tel un ange déchu de la politique, le président s’est mis à porter une lumière noire », écrivait à l’été 2024 son ex-ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, dans La Citadelle (éd. Albin Michel) .
Cette noirceur assombrit en son long crépuscule tout ce qu’il approche. Et lasse même ses partenaires européens qui s’inquiètent à leur tour de ce qu’il contribue à leur amener l’extrême droite au pouvoir. Car si la France tombe, qui retiendra encore la vague populiste ?
Pour freiner sa chute aux abîmes, Emmanuel Macron se doit de prendre distance et hauteur. La scène internationale en feu devrait suffire à l’occuper. Mais c’est plus fort que lui :
il ne peut s’empêcher de se jeter dans la mêlée qui nous agite, et depuis l’étranger, contrairement aux usages qui veulent que le président n’y parle pas de politique intérieure. Le chef de l’Etat,
qui n’a jamais laissé vivre un Premier ministre, n’a pu se réfréner ; en tentant un coup de bonneteau. Depuis Charm el-Cheikh (Egypte), le voilà qui se présente comme garant de la « stabilité » , dénonçant ceux qui « font des paris sur l’instabilité » .
Un peu gros. Comme si ce n’était pas lui aussi qui, par son impéritie politique avait, depuis sa réélection en 2022, provoqué la paralysie. Et avec la dissolution de 2024, un insupportable désordre.

