Emmanuel Macron, « Le désespéré » non pas de Gustave Courbet mais de l’Elysée

Emmanuel Macron n’en a pas moins assuré aussi qu’il laissait « carte blanche » à Sébastien Lecornu . Pour lui rendre la tâche presque impossible en déclarant quelques jours plus tard, depuis la Slovénie cette fois, à propos du compromis sur la réforme des retraites :

« Ce n’est ni une abrogation, ni une suspension, c’est un décalage. » Le Premier ministre, dont la survie politique dépend de cette suspension, obtiendra in fine gain de cause. Mais comme la corde suspend le pendu.

La fin du macronisme des origines

Sombritude pathétique quand on songe à la flamboyance macroniste des débuts. Cette fin de règne est en fait celle du macronisme, et des macronistes, qui sombrent avec lui. Y compris ceux qui courent aux chaloupes pour tenter de se sauver.

De Gabriel Attal à Edouard Philippe, les héritiers s’évertuent à se distancier de l’héritage qu’ils ont en partage pour avoir occupé Matignon. Ceux-là auront à la fois la défaite et le déshonneur.

Sur quel projet d’espérance peuvent-ils apparaître crédibles en prétendant tel Edouard Philippe qu’ils ne doivent rien à celui qui les a faits princes ? Nicolas Sarkozy , il est vrai, avait lui aussi argué d’une absence de dettes envers Jacques Chirac, à qui il avait pourtant juré fidélité.

Mais il avait entrepris un projet propre qu’il renforçait au fur et à mesure qu’il se distanciait du « roi fainéant ». Or, ces messieurs du macronisme n’ont idéologiquement rien construit de fort. Macronisme, morgue plaine, rien qu’une assemblée de copropriétaires dépressifs et en faillite.

Le macronisme des origines se réclamait pourtant d’une projection spirituelle, d’une force disruptive, d’un optimisme performatif, d’un social-libéralisme. Il a laissé place, toujours selon Jean-Michel Blanquer, « à un pilotage à vue, sans vision et sans valeur ».

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