Vie antérieure : le journaliste Stéphane Allix raconte son expérience dans un livre fascinant

De retour à Paris, sa curiosité de journaliste l’incite tout de même à vérifier sur internet si cet homme à existé. La réponse est oui : même nom, même orthographe, même grade dans la SS. Mais pour Stéphane, pourtant troublé, il s’agit de coïncidences. Il s’en désintéresse.
Au bout de quelques mois, une intuition très forte, ainsi que des cauchemars encore plus violents que ceux qui le hantent chaque nuit depuis toujours, vont le pousser à mener l’enquête sur ce soldat avec lequel il s’est mystérieux confondu.
Trop de résonances en lui, que la question du mal et de la violence humaine obsèdent. A 19 ans, il ira chercher des réponses en Afghanistan comme reporter de guerre, leur manifestation la plus violente. C’est là-bas que son frère Thomas sera tué dans un accident de voiture, quinze ans plus tard.
La mort de Thomas est un signal d’alarme pour Stéphane. Le moment est venu pour lui de consacrer son temps à chercher des réponses aux questions existentielles qui le travaillent depuis l’enfance ; en particulier à travers celle de la conscience. Est-elle liée à l’activité cérébrale comme notre société le prétend ?
En interrogeant des médecins, il découvre qu’il ne s’agit que d’une hypothèse, non basée sur une démonstration scientifique, et qu’elle est complètement remise en question par les EMI (expériences de mort imminente) et leurs milliers d’occurrences à travers le monde.
Puisque la conscience n’est pas une activité du cerveau, est-elle l’âme, l’esprit ? Que devient-elle quand le corps est mort ?
Stéphane va enquêter en ouvrant toutes les portes, scientifiques et « paranormales ». Il va expérimenter les états de conscience modifiée (sixième sens, médiumnité, chamanisme, méditation, psychanalyse…) et les médecines énergétiques qui libèrent les capteurs dont notre corps est composé. Il témoignera par la suite de la possibilité de communiquer avec les défunts (Le Test).
Cette ouverture du corps et de l’esprit, dont on sait aujourd’hui qu’elle détermine la plasticité neuronale, permet l’accès à une autre réalité que celle du monde physique et à une autre dimension de la mémoire.
En poursuivant son enquête, avec l’aide d’un historien spécialiste de la deuxième guerre mondiale puis d’une généalogiste allemande chevronnée, Stéphane va accumuler toutes sortes de documents sur Alexander Herrmann, dont la plupart proviennent des archives nationales de Berlin. Toutes vont valider ses visions : la même mort, à 25 ans, d’un éclat d’obus dans la gorge ; le même paysage enneigé ; le front russe un matin, près d’un char. D’autres détails lui apparaissent comme autant de pistes à suivre, et qui, au fur à à mesure de son périple, éclaireront la scène au bord de l’eau, la présence de la petite fille blonde et celle de l’autre homme, dont il a vu le visage.
En refaisant le parcours de la vie d’Alexander, de sa ville de naissance jusqu’au front russe où il est mort, il sera guidé en permanence par une « force inconnue » qui mettra sur son chemin toutes les aides dont il aura besoin, entraînera ses pas dans la maison d’enfance d’Alexander (il la « reconnaîtra » sans même avoir l’adresse), sera pris d’une intense émotion à chaque endroit qui se révèlera crucial dans son enquête.
Ce qui restait en suspend va être éclairé, ainsi que la nature de ce qui le lie à Alexander Herrmann. Si Stéphane est à l’opposé de l’abjection nazie, ils ont des cauchemars en commun, dont il n’a jamais compris l’origine, jusqu’à sa rencontre avec lui.
A la fin de cette étrange expérience et de l’écriture du livre qui en témoigne, Stéphane Allix a été libéré de ce qu’il appelle un traumatisme « karmique » lui venant d’Alexander Hermann. Sa vision de la réincarnation s’en est trouvée précisée, affinée : « L’âme qui nous habite et nous traverse est éternelle, elle a vécu plusieurs vies dont elle porte les traumatismes, les émotions et la mémoire. En s’incarnant, elle attend d’être guérie. C’est ce qu’attendait de moi celle d’Alexander, que je fasse la lumière sur cette ombre qui nous habitait. Nous en avons guéri tous les deux. Désormais, notre lien est rompu. »

