La grande tribu de Claude François : avec ses fils et ses 7 petits-enfants, la relève assurée

Près de cinquante ans après la mort de Claude François, ses descendants vivent toujours avec l’héritage d’un chanteur devenu mythique. Ses deux fils, Claude François Jr et Marc, puis leurs sept enfants, ont grandi dans l’ombre d’une célébrité omniprésente. Tous, ou presque, s’emploient aujourd’hui à la gestion de la mémoire de Cloclo et à sa carrière posthume.
Claude François est mort (très) jeune. Mais sa mémoire est toujours vive, près de 50 ans plus tard. Dans les playlists de soirées, dans les émissions musicales, dans les costumes pailletés qu’on ressort du placard à chaque anniversaire, dans les danses endiablées… Une omniprésence posthume qui a eu un prix pour ses deux fils : Claude François Jr et Marc, nés en 1968 et 1969 de sa relation avec la danseuse et mannequin Isabelle Forêt.
“Quand votre père meurt à neuf ans et qu’il devient un mythe, vous ne pouvez jamais faire votre deuil normalement, confiait Claude François Junior à Paris Match. Il est partout, tout le temps. À la radio, à la télé, dans la bouche des gens. Il ne vous appartient jamais vraiment.
” Même de son vivant, Claude François (né le 1er février 1939) n’était pas un père très présent. La faute à une carrière intense et à l’image qu’il entretenait volontiers, selon la mère de ses fils. “La naissance de Marc a été cachée. On m’a expliqué que reconnaître un deuxième enfant ferait ‘trop père de famille’, disait-elle au Monde. Je ne l’ai jamais accepté.”
Marc, d’ailleurs, a découvert tardivement sa place officielle dans la famille François. Selon le journaliste Jean-Pierre Pasqualini, le cadet de Cloclo a davantage souffert de “séquelles psychologiques durables” et d’“une difficulté à faire confiance”. “C’était un père très affectueux, très tactile… et en même temps extrêmement autoritaire”, assurait son aîné auprès de Gala. La mort brutale de Claude François en 1978, électrocuté dans son bain au sommet de sa gloire, a figé cette ambivalence à jamais.
Claude François Junior a accepté de prendre le contrôle pour survivre
Il n’avait pas encore 10 ans, mais ce drame a tout changé pour Claude François Jr. Très vite, il a compris que l’héritage de son père n’était pas seulement émotionnel, mais aussi économique, culturel et, évidemment, symbolique.
“Pendant des années, l’image de mon père a été maltraitée. On faisait n’importe quoi. Des compilations bâclées, des photos à l’envers. J’ai dit stop”, racontait-il au Monde. Il a alors repris les rênes de Flèche Productions, le label créé par son père en 1967.
“Claude est devenu le patriarche. Il s’est senti investi d’une mission. Protéger son frère, protéger l’œuvre”, résumait sa mère. S’il reconnaissait, auprès de Paris Match, que cet héritage n’était “pas un cadeau”, l’aîné de Claude François ne voulait pas qu’il devienne “un produit bas de gamme”.
Depuis des décennies, il est devenu le gardien du temple pailleté de l’interprète d’Alexandrie, Alexandra. Omniprésent pour gérer la carrière posthume de Cloclo, c’est lui qui écume les plateaux, supervise les projets et s’emploie à ne jamais faire oublier le nom de son père. À l’inverse de son frère, Marc.
Dans Le Monde, le cadet était décrit comme un homme “réservé, méfiant, peu enclin à l’exposition”. “Marc, c’est celui qui a voulu une vie normale”, résumait l’un de ses proches. Là où son frère s’est exposé pour canaliser l’héritage paternel, Marc a préféré la distance. Associé à une société de production et d’édition, il laisse avec plaisir à Claude François Jr la fonction de porte-parole. “Marc n’aime pas la lumière. Moi, je sais la gérer”, disait pudiquement l’aîné.

