Fiscalité : paie-t-on trop d’impôts en France ? Deux économistes s’affrontent sur le plateau du “Débat Capital”

le ratio entre les prélèvements obligatoires par rapport au PIB ne cesse d’augmenter alors que la croissance moyenne sur les dix dernières années en France stagne autour de 0,8% par an”. En outre, rappelle-t-il, “nous sommes dans une économie ouverte,
donc plus on a d’impôts plus ça tue l’impôt”. Autrement dit, la France perd de son attractivité et le risque est que “certains Français décident de quitter la France et les entreprises, de se faire fiscaliser à l’étranger…”
De son côté, Christophe Ramaux, chercheur au Centre d’Economie de la Sorbonne et membre des “économistes atterrés”, estime au contraire que ce taux de prélèvements est, certes, élevé mais seulement “d’un point de vue globale”.
Ce dernier juge en effet qu’il y a d’abord “un problème de justice fiscale”. Selon lui, “les Français ont, à juste titre, le sentiment que les mesures prises ces derniers mois vont à l’encontre de la justice fiscale”.
A commencer “par les baisses d’impôts sur les plus riches”, note-t-il. “Le gouvernement a ainsi fait des cadeaux fiscaux injustifiés, notamment avec l’ISF et la flat taxe, constate notre expert, et dans le même temps, on a essayé d’augmenter les impôts sur les classes moyennes et populaires avec la taxe carbone, la hausse de CSG etc.”.
Dans le détail, Christophe Ramaux affirme que “l’essentiel de la dépense sert donc aux ménages et aux entreprises alors qu’aux Etats-Unis, où les sociétés payent soi-disant moins de charges sociales comme disent les libéraux, elles payent en fait plus de prélèvements privés (cotisations pour les fonds de pension, assurances privées de santé)”.

