De la neige en approche sur l’Hexagone : un expert météo alerte sur “un changement” visible dès ce week-end
L’hiver frappe déjà à la porte. Alors que les feuilles d’automne tapissent encore les trottoirs, les premières neiges s’invitent plus tôt que prévu sur la France. Si cette annonce émerveille les amoureux des flocons, un vent d’inquiétude souffle aussi chez les experts.

” Cette instabilité n’est pas anodine puisque si les paysages blanchissent par endroits, les scientifiques alertent depuis des années sur une tendance inverse : la neige devient un phénomène de plus en plus rare, et parfois trompeur.
Sous la neige, la réalité d’un climat en mutation
Selon un rapport publié par Météo-France le 13 octobre dernier, le changement climatique agit déjà sur l’enneigement de manière tangible. Les chercheurs ont observé un réchauffement hivernal moyen de +1,3 °C
sur la période 2015-2024, par rapport à 1976-2005. Une hausse qui pourrait atteindre +1,9 °C en 2050 et jusqu’à +3 °C en 2100, selon la Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l’Adaptation au Changement Climatique (TRACC).
En clair, les hivers seront plus doux, les épisodes neigeux plus courts, et la neige au sol fondra plus vite. Les projections sont sans appel : d’ici 2050, le nombre de jours de neige au sol pourrait diminuer de deux mois à moyenne altitude, et d’un mois à haute altitude.
“L’enneigement ne disparaît pas d’un coup, mais il se transforme, explique Marie Dumont, directrice du Centre d’études de la neige (Météo-France – CNRS). Il arrive plus tard, repart plus tôt,
et devient de plus en plus aléatoire en dessous d’une certaine altitude.” Au Col de Porte, dans le massif de la Chartreuse, les relevés confirment cette tendance : en soixante ans,
la température hivernale a augmenté de près d’un degré, et l’épaisseur moyenne de neige a diminué d’environ 40 centimètres. Une perte visible à l’œil nu. Cette évolution ne concerne pas seulement les amateurs de ski.
Elle menace aussi la faune, la flore, et les ressources en eau. Moins de neige, c’est moins de réserves pour les rivières au printemps, moins d’eau pour les cultures, et davantage de risques d’éboulements dans les zones de haute montagne.

