Une athlète française ne pourra pas porter son voile pendant la cérémonie d’ouverture des JO

Selon le ministère, les athlètes français sont considérés, lors des Jeux, comme des personnes investies d’une mission de service public, et doivent donc respecter une certaine neutralité.
Oudéa-Castéra avait également évoqué, pour étayer son argumentation, une décision du Conseil d’État de juin 2023. L’institution, contre l’avis de son rapporteur public, avait maintenu l’interdiction du port du hijab dans le football féminin en France, estimant que “les fédérations sportives (la FFF dans ce cas précis, NDLR),
chargées d’assurer le bon fonctionnement du service public dont la gestion leur est confiée, peuvent imposer à leurs joueurs une obligation de neutralité des tenues lors des compétitions et manifestations sportives afin de garantir le bon déroulement des matchs et prévenir tout affrontement ou confrontation”.
Cette position française, particulière et imposée à tous les athlètes concourant sous la bannière tricolore, avait été critiquée par l’ONU en septembre dernier, quelques jours après la déclaration ferme de la ministre des Sports.
“De manière générale, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme estime que personne ne devrait imposer à une femme ce qu’elle doit porter ou non”,
avait réagi la porte-parole du Haut-Commissariat, Marta Hurtado, depuis Genève, exprimant une opposition de principe et déplorant des “pratiques discriminatoires qui peuvent avoir des conséquences néfastes”.
Plus récemment, Amnesty International a également pris position. Dans un rapport de 32 pages publié le 16 juillet 2024, l’ONG dénonçait “les atteintes aux droits humains des femmes et filles musulmanes causées par l’interdiction du foulard dans le sport en France”.
“Amnesty International a étudié les règlements sportifs dans 38 pays européens et a conclu que la France est le seul pays à avoir adopté une interdiction des couvre-chefs religieux, soit dans des lois nationales, soit dans des règlements sportifs spécifiques”, écrivait Amnesty. Pas de quoi faire plier (jusqu’à présent) le ministère des Sports, d’autant que le CIO, malgré sa charte et ses principes, n’a jamais exprimé son désaccord.

