Pourquoi Macron fait le choix risqué de reconduire Lecornu à Matignon

Le Premier ministre démissionnaire était le plus avancé dans les négociations avec le PS, et il avait ébauché un projet de budget. Mais sa reconduction, quatre jours seulement après sa démission, fait office de provocation pour la gauche. Un pari à haut risque.

L’Eurois est mort, vive l’Eurois ? Au bout de plusieurs heures de suspense, Emmanuel Macron a finalement reconduit le Premier ministre (et conseiller départemental de l’Eure) Sébastien Lecornu dans ses fonctions , vendredi soir,

quatre jours seulement après sa démission sur fond de mésentente avec la droite de Bruno Retailleau. Un scénario inédit, dont le seul précédent historique est le maintien à ses fonctions de Georges Pompidou, en octobre 1962, malgré le vote d’une motion de défiance des députés (une dissolution de l’Assemblée nationale avait suivi),

qui a aussitôt suscité l’incrédulité de l’opposition. « Je suis abasourdie », lançait ainsi la secrétaire nationale des écologistes Marine Tondelier, quelques minutes après l’annonce, tandis que les appels à la censure du gouvernement Lecornu II se multipliaient dans l’opposition.

Pourtant, l’hypothèse d’une reconduction du Premier ministre était posée dès mercredi soir dans les rangs de la majorité. Après un exercice jugé réussi au journal télévisé de 20 heures de France 2,

où le pensionnaire de Matignon, tout en assurant que sa « mission était terminée » n’avait jamais vraiment fermé la porte à une éventuelle poursuite de ses fonctions, certains de ses proches évoquaient déjà,

en privé, le scénario d’un maintien en poste. Beaucoup notaient d’ailleurs qu’après avoir évoqué la nécessité que la prochaine équipe ministérielle soit « déconnectée de toute ambition présidentielle »,

le Premier ministre démissionnaire avait dit à trois reprises qu’il ne nourrissait aucune ambition élyséenne.

Le plus avancé sur un accord de non-censure avec le PS

En pleine ascension dans les enquêtes de popularité , avec 28 % d’opinions favorables (+ 11 points) dans le baromètre Elabe, Sébastien Lecornu était en outre le plus avancé dans les négociations

avec le Parti socialiste sur un éventuel accord de non-censure à l’Assemblée nationale. Il avait indiqué lors de son passage sur France 2 que les discussions achoppaient encore sur les « derniers mètres ».

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