“Je passe la journée dans les magasins pour me chauffer” : à 89 ans, ce retraité vit dans une maison en ruine sans chauffage ni électricité
À Flers, dans l’Orne, Émile Desdoits, 89 ans, passe l’hiver dans une maison incendiée, sans eau, ni électricité ni chauffage. Comment ce retraité en est-il venu à dormir sur des cartons à 8 °C ?

Cette vie au ralenti se déroule alors que l’hiver approche dans l’Orne. À 89 ans, chaque déplacement entre sa maison éventrée et le domicile de ses proches demande une énergie considérable.
Son objectif reste pourtant de montrer, par sa présence dans les lieux, que son logement n’est toujours pas vivable.
Un chantier à l’arrêt, entre maîtrise d’œuvre et lenteurs d’assurance
Pour sa famille, ce blocage n’a rien de normal. Patrice Marie, le gendre d’Émile Desdoits, souligne que tout est pris en charge par l’assurance et que les travaux déjà réalisés lui paraissent corrects.
Il juge simplement que le délai est beaucoup trop long et rappelle qu’à ses yeux, pour refaire une maison comme celle de son beau-père, un chantier devrait durer douze mois au maximum.
Mis en cause par la famille, le maître d’œuvre de l’entreprise de l’Orne se dit, lui, agacé par ces reproches. Il défend son travail et met en avant les contraintes administratives et techniques liées au sinistre :
“Je n’ai pris aucun honoraire à Monsieur Desdoits. Je bosse le samedi et le dimanche, j’ai des messages qui l’attestent. On fait tout ce qu’on peut. Mais il y a déjà eu des délais,
il fallait les purger, avec l’amiante, l’assurance. Je ne peux pas récupérer ce temps sur les travaux, car je m’assure que tout soit bien fait, que les artisans soient en règle, pour avoir de la qualité ça prend un peu de temps”,
explique-t-il. Il affirme avoir dû remplacer un artisan défaillant et assure faire son maximum dans un dossier qu’il décrit comme inédit pour son entreprise.

