« Il faut savoir écouter et bouger » : Élisabeth Borne favorable à une « suspension » de sa réforme des retraites

Le projet socialiste de « contre-budget », évoquant une nouvelle fiscalité sur les dividendes et une « taxe Zucman », sera scruté avec attention, mais aucune solution miracle ne semble à portée de main.

Des réactions politiques et syndicales contrastées

À gauche, la déclaration d’Élisabeth Borne a été accueillie comme un “réveil tardif mais positif”. Olivier Faure (PS) salue un « signe d’ouverture », tout comme Raphaël Glucksmann, qui y voit un espoir de compromis. Du côté du PCF, Fabien Roussel ironise sur une conversion politique « tardive mais nécessaire ».

Les syndicats, eux, y voient un aveu d’échec du pouvoir : « Cette volte-face prouve que la réforme a été un fiasco », dénonce Sophie Binet (CGT). Marylise Léon (CFDT) préfère y lire « un signal positif » pour renouer le dialogue social.

Une majorité fracturée et déboussolée

Dans le camp présidentiel, les divergences éclatent au grand jour. Agnès Pannier-Runacher se dit prête à « temporiser », tandis que la députée Stéphanie Rist (EPR) martèle qu’il ne faut « jamais choisir la voie de la facilité ». Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale,

évoque un « deal global » à trouver pour maintenir la stabilité politique. Au MoDem, François Bayrou reste hostile à toute abrogation, craignant une dérive budgétaire, tandis que Geneviève Darrieussecq appelle à « trouver la solution la moins mauvaise ».

À droite, Les Républicains crient à la trahison. Agnès Evren fustige une « ligne rouge » franchie et un « signal grotesque envoyé à la gauche ». Pour le RN, ce virage n’est qu’un « leurre » destiné à sauver une majorité vacillante.

Une réforme devenue poison politique

Deux ans après son adoption dans la douleur, la réforme des retraites s’impose plus que jamais comme le fardeau du macronisme. Ce qui devait symboliser la responsabilité budgétaire et la modernisation sociale est devenu un boulet politique. En lâchant du lest,

Élisabeth Borne révèle ce que nombre d’élus redoutaient : l’incapacité du camp présidentiel à assumer collectivement une mesure honnie par une large majorité de Français. Entre geste tactique et aveu de faiblesse,

sa déclaration marque peut-être le début d’un rééquilibrage politique, mais aussi la fin d’une ère — celle d’un pouvoir qui croyait encore pouvoir réformer sans écouter.

 

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