Coma artificiel : pourquoi est-il mis en place et quand se réveille-t-on ?

Coma artificiel : comment met-on une personne dans un coma profond ?
Le coma artificiel est induit par plusieurs médicaments, administrés par voie intraveineuse par le médecin réanimateur ou anesthésiste réanimateur. ” Cela inclut notamment des hypnotiques (benzodiazépines), des sédatifs (propofol) et des dérivés de la morphine (puissants antalgiques), administrés en continu par une seringue électrique ” développe le médecin. Qui ajoute que ” des énormes progrès ont été accomplis dans ce domaine, avec des médicaments d’élimination rapide par notre organisme “.
Coma artificiel : quelle est la durée d’un coma artificiel et comment se déroule le réveil ?
À savoir. ” Les médecins s’efforcent de mettre en place un coma artificiel le plus court possible ” explique le Dr. Carbognani. Sa durée dépend toutefois de sa cause et de l’état du patient.
Avant de réveiller un patient sous coma artificiel, des tests de réveil sont réalisés : ” on diminue progressivement la quantité de médicaments apportés au patient, on réduit la sédation et on observe comment il réagit : certains patients peuvent se sentir désorientés et devenir très agités.
Cette phase de réveil est difficile et nécessite une surveillance importante. ” Des tests de réactivité et de motricité sont réalisés, et un sevrage progressif de la ventilation artificielle est mis en place ” si on considère que le patient a assez récupéré “.
Coma artificiel : quels sont les risques possibles après un coma ?
Les complications possibles du coma artificiel sont surtout liées à l’immobilité du patient pendant une longue période. On peut alors observer :
Des troubles articulaires (surtout au niveau des genoux, des hanches et des épaules) comme des capsulites – il s’agit d’une inflammation de la capsule articulaire, l’enveloppe fibreuse qui recouvre et protège l’articulation.
Des troubles musculaires et neuromusculaires : ” ils correspondent à une atteinte des muscles et à une atrophie des nerfs : on parle de neuromyopathie de réanimation ” explique le médecin anesthésiste réanimateur.
Des escarres : il s’agit d’une nécrose de la peau et des tissus profonds.
Des complications infectieuses (notamment pulmonaires ou urinaires).
À savoir. ” L’atrophie musculaire chez la personne en coma artificiel est prévenue à l’aide d’une alimentation suffisamment calorique, administrée par voie intraveineuse ou à l’aide d’une sonde nasogastrique ” explique le Dr. Carbognani.
” Le patient placé en coma artificiel ne garde pas de souvenirs de la période de coma – et parfois non plus de la phase de réveil (amnésie partielle ou totale) ” conclut le spécialiste.
Merci au Dr. Daniel Carbognani, médecin anesthésiste réanimateur à la clinique Saint-Pierre de Perpignan (groupe ELSAN).

