Arnaud Denis est mort à 43 ans : le comédien nommé 3 fois aux Molière s’est fait euthanasier en Belgique

C’est à partir de l’été 2023 que sa trajectoire prend un chemin impensable. À l’issue d’une intervention pour une hernie inguinale, une prothèse en polypropylène lui avait été implantée. Mais de nombreux symptômes sont ensuite apparus : douleurs chroniques, troubles neurologiques et digestifs, fatigue et perte importante de poids.
L’implant a finalement été retiré aux États-Unis en avril 2024 pour environ 40 000 euros, mais Arnaud Denis expliquait que son état ne s’était pas amélioré malgré l’opération. Il avait alors progressivement cessé son activité professionnelle et s’était consacré à l’alerte autour des complications rapportées par d’autres patients porteurs de prothèses anti-hernie.
C’est entre autres à la télévision qu’Arnaud Denis avait choisi de raconter, sans détour, la violence de son quotidien. Pour C à vous, le comédien avait expliqué en janvier être confronté à des douleurs devenues incompatibles avec la vie qu’il menait auparavant. Dans un entretien accordé au Dauphiné Libéré à la fin du mois de mars, il expliquait avoir obtenu l’accord de deux médecins pour se faire euthanasier et disait alors considérer avoir « tout essayé » pour retrouver une vie supportable.
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Arnaud Denis avait par ailleurs déposé plainte contre X pour blessures involontaires auprès du parquet de Paris à la suite des complications qu’il attribuait à son implant. Mais, fin août 2026, le parquet avait classé la plainte sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Comme le rapportait le Dauphine Libéré, le parquet indiquait alors que les analyses réalisées n’avaient pas permis de déterminer avec certitude l’origine des effets indésirables ni d’établir un lien causal certain entre les symptômes décrits,
la prothèse et une éventuelle faute du fabricant ou des médecins. Son avocat avait ensuite saisi le doyen des juges d’instruction pour demander l’ouverture d’une enquête. « Je n’attendais rien hélas. Je suis révolté et désabusé, mais je n’ai plus d’énergie pour combattre, avait réagi Arnaud Denis. C’est comme si on me marchait sur la figure. On piétine sur le peu qui reste de moi. »
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De son côté, l’Agence nationale de sécurité du médicament avait renforcé la surveillance de ces dispositifs après la remontée de signalements d’effets indésirables. L’AFP rapportait notamment que 75 signalements avaient été reçus entre janvier et fin mai 2025. L’annonce de la disparition d’Arnaud Denis intervient enfin dans un contexte particulier autour de la question de la fin de vie en France.
La loi relative au droit à l’aide à mourir, promulguée le 18 août dernier a créé un nouveau cadre permettant, sous certaines conditions et critères, l’accès à une substance létale. Le texte prévoit notamment que la personne soit majeure, française ou résidente stable et régulière en France, atteinte d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, et qu’elle présente une souffrance liée à cette affection, réfractaire aux traitements
ou jugée insupportable dans certaines conditions. La personne doit également être en mesure d’exprimer une volonté libre et éclairée. La mise en œuvre concrète du dispositif nécessite toutefois encore plusieurs textes d’application, notamment un décret en Conseil d’État précisant la procédure.

