Donald Trump d’Arabie, un président en mission pour la paix au Moyen-Orient

Après avoir été accueilli en héros au parlement israélien ce lundi, proclament la fin d’un « long cauchemar » pour les Israéliens et les Palestiniens, Donald Trump s’est envolé pour l’Egypte pour coprésider un Sommet sur Gaza. Le président américain a plus que jamais la main pour arrêter la guerre.

Longuement ovationné par les députés israéliens, Donald Trump a évoqué, depuis la tribune de la Knesset ce lundi 13 octobre, « l’aube historique d’un nouveau Moyen-Orient ». Il aime l’emphase. Son discours de quarante-cinq minutes a célébré la libération des vingt derniers otages israéliens encore en vie , suivie dans la journée par la libération de 1 968 détenus palestiniens par Israël, et l’arrêt des combats à Gaza.

« Le long et douloureux cauchemar est fini, pas seulement pour les Israéliens mais aussi pour les Palestiniens, et pour beaucoup d’autres », a martelé le président américain.

C’est une trêve, un moment certes essentiel qui ouvre la voie au reste d’un plan en vingt points destiné à terme, s’il va jusqu’au bout malgré ses nombreux manques et ses nombreuses chausse-trapes , à poser les bases d’une solution du conflit israélo-palestinien.

Mais pour le locataire de la Maison Blanche, cinquième chef d’État étranger invité à parler devant le parlement israélien cette pax americana est déjà chose faite. Plus encore qu’une célébration, ce fut une autocélébration où il clame que le Moyen-Orient sort de la terreur

et entre dans une ère « où les armes se taisent et le soleil se lève sur une terre sacrée désormais en paix, si Dieu le veut pour l’éternité » . Nombre de députés et de ministres israéliens portaient la casquette rouge, couleur du parti républicain : un président pour la paix.

Une politique moyen-orientale qui rompt avec ses prédécesseurs

Une page est en train de se tourner. Après Jérusalem, Donald Trump s’est rendu, avec un grand retard sur le programme, à Charm el-Cheikh où il copréside avec son homologue égyptien al-Sissi un « sommet pour la paix » , en présence d’une vingtaine de chefs d’Etats ou de gouvernement de pays arabes

et musulmans mais aussi européens réunis au bord de la mer Rouge. L’ordre du jour est ambitieux : « mettre fin à la guerre » et œuvrer « pour ouvrir une nouvelle page de sécurité et de stabilité régionale » . Il s’agit de conjurer le risque d’un cessez-le-feu sans plan de paix avec le maintien d’un statu quo qui serait lourd de menaces pour l’avenir.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui n’était pas prévu au début, a finalement été invité. En revanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a décliné, arguant de la fête religieuse du dernier jour de Souccot. Il n’y aura donc pas de photo de la poignée de main entre les deux hommes, qui aurait été la première depuis neuf ans.

Un mouvement diplomatique sans précédent depuis les accords d’Oslo s’amorce, avec une internationalisation de la recherche d’une solution politique pour le conflit israélo-palestinien même si l’évocation du droit des Palestiniens à l’autodétermination et à avoir leur propre Etat à côté d’Israël n‘est que le vingtième et dernier point du plan trumpien. De surcroît, il est bien flou.

Mais les capitales arabes les plus engagées dans le processus, à commencer par l’Arabie saoudite, font désormais de l’Etat palestinien une exigence. C’est aussi pour cela et afin de ne pas reste seules face à Washington qu’elles ont insisté pour la présence des Européens, à commencer par celle de la France.

L’initiative d’Emmanuel Macron d’une reconnaissance de l’État de Palestine avait précipité cette dynamique. Donald Trump s’est décidé à faire pression sur Benjamin Netanyahou après le raid de l’aviation israélienne sur Doha, la capitale qatarie, le 9 septembre dernier, pour tenter sans succès d’éliminer les négociateurs du Hamas. Ce fut un signal d’alarme pour les capitales du Golfe mais aussi pour l’administration Trump qui y a vu le risque d’un effondrement de sa crédibilité au Moyen-Orient. Le Qatar est en effet l’un des alliés de Washington hébergeant la plus grande base américaine au Moyen-Orient.

Il est facile d’ironiser sur les outrances et la grandiloquence de Donald Trump avec ses tweets contradictoires, ses projets délirants et provocateurs comme la création d’une Riviera à Gaza et de l’expulsion des Gazaouis. Le milliardaire n’en a pas moins montré sur le fond une réelle cohérence dans sa politique moyen-orientale.

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