Coma artificiel : pourquoi est-il mis en place et quand se réveille-t-on ?

Le coma artificiel est un état de repos absolu provoqué par le médecin pour permettre au corps de récupérer dans les meilleures conditions. Il est généralement utilisé en dernier recours dans les services d’urgence. On fait le point avec le Dr. Daniel Carbognani, médecin anesthésiste réanimateur.
Après un grave accident, en raison d’une infection de l’organisme (Covid-19, septicémie, choc septique…) ou d’une grave insuffisance respiratoire, les médecins peuvent décider de placer un patient dans un coma artificiel pour permettre le repos de certaines fonctions vitales et ainsi d’éviter l’apparition de séquelles irréversibles.
Cette technique de soins est définie par la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR) comme “l’utilisation de moyens médicamenteux destinés à assurer le confort physique et psychique du patient”. On fait le point sur cette méthode.
Coma artificiel : qu’est-ce que c’est et pourquoi est-il utilisé ?
Coma artificiel : définition
Le coma artificiel se définit comme une sédation profonde, volontairement provoquée par un médecin. ” Le coma artificiel est comparable à un sommeil profond ou à une anesthésie générale ” précise le Dr. Daniel Carbognani, médecin réanimateur. La Société française d’anesthésie-réanimation parle aussi de ” sédation-analgésie “. Le coma artificiel se distingue du coma naturel qui survient de façon involontaire.
À savoir. Le patient placé en coma artificiel n’a aucune sensation nociceptive (comprendre : il ne ressent ni la chaleur, ni la douleur), ses muscles sont totalement détendus, il ne voit pas, il n’entend pas, il ne sent pas…
Coma artificiel : à quoi ça sert ?
” Placer un patient en coma artificiel, c’est une manière ” d’acheter du temps ” : il s’agit de mettre le corps au repos, de réduire sa consommation d’oxygène, pour lui permettre de récupérer plus rapidement, de se régénérer.
À savoir. ” Le patient placé en coma artificiel est totalement dépendant des médecins, des infirmiers, des appareils… précise le Dr. Carbognani. Par exemple : il ne peut pas manger (on l’alimente à l’aide d’une sonde ou d’un cathéter) ; il ne peut pas non plus respirer correctement de façon autonome (d’où la nécessité d’une respiration sous ventilation artificielle), il ne peut pas communiquer, il ne peut pas uriner normalement… ”
Coma artificiel : AVC, rupture d’anévrisme, Covid, choc septique… Dans quels cas est-il nécessaire ?
À savoir. ” Placer un patient en coma artificiel n’est pas une décision qui se prend à la légère : cela signifie que le patient n’est plus en mesure d’assumer seul ses fonctions corporelles (manger, maintenir une pression artérielle, respirer…) et qu’il a besoin de temps pour se régénérer ” note le Dr. Carbognani.
Un patient peut notamment être placé en coma artificiel dans le cadre de :
Une grave infection, par exemple un choc septique : il s’agit d’une défaillance circulatoire aiguë qui se manifeste à travers une hypotension artérielle persistante (comprendre : une diminution brutale de la tension artérielle).
Un traumatisme, par exemple en cas d’accident de la route : ” le patient peut être placé en coma artificiel dans le véhicule du SAMU afin d’être plus facilement transportable ” explique le spécialiste.
Un arrêt cardiaque,
Un accident vasculaire cérébral (AVC), une hémorragie cérébrale ou une rupture d’anévrisme,
Une insuffisance respiratoire, un manque d’oxygène grave.

