“Cela va révolutionner le diagnostic” : contre Alzheimer, ces avancées prometteuses présentées par un neurologue

Quelles sont les avancées dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer ? On fait le point avec un spécialiste.

“La recherche n’a jamais été aussi active et nous disposons enfin de traitements qui ralentissent la maladie d’Alzheimer”, explique à Femme Actuelle le Dr Thibaud Lebouvier, neurologue et responsable du Centre Mémoire de Ressources et de Recherche (CM2R) du CHU de Lille. Il ajoute que “nous vivons une période charnière. Après presque 20 ans sans succès, de nouveaux essais thérapeutiques positifs apparaissent”.

Le spécialiste souligne notamment que les avancées ont été nombreuses dans le dépistage et la prise en charge de la maladie. “Le diagnostic a complètement changé en 20 ans. Autrefois, il n’était qu’une hypothèse, souvent confirmée seulement après le décès grâce à l’autopsie du cerveau”, ajoute le spécialiste.

Pour rappel, la maladie d’Alzheimer touche environ 900.000 personnes en France. Comme le rappelle la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), elle se manifeste par un déclin cognitif, avec des pertes de mémoire, mais aussi des troubles de l’orientation et du langage. Si cette pathologie est encore incurable, la recherche avance pour approfondir le diagnostic et améliorer la prise en charge.

Comment la maladie d’Alzheimer est-elle diagnostiquée ?

La question du diagnostic fiable et précoce d’Alzheimer est primordiale. S’il n’empêche pas la maladie, “il donne aux patients les moyens d’être acteurs de leur parcours et de préparer leur autonomie”, explique le spécialiste. Cela permet d’annoncer clairement aux patients de quoi ils souffrent, de mettre en place des prises en charge adaptées (l’orthophonie, la rééducation cognitive…). Les malades et leurs familles peuvent anticiper l’avenir, notamment en ce qui concerne l’arrêt de la conduite, un déménagement, ou encore l’organisation de la vie quotidienne.

Aujourd’hui, pour poser un diagnostic, il existe plusieurs outils fiables. On peut énumérer l’imagerie par résonance magnétique (IRM), ainsi que les biomarqueurs. Ces derniers sont dosés dans le liquide céphalo-rachidien par ponction lombaire. Il s’agit des protéines amyloïdes et tau qui sont des caractéristiques de la maladie. “C’est le fait d’associer ces biomarqueurs aux tests de mémoire qui permet un ‘diagnostic très sûr'”, précise le Dr Thibaud Lebouvier.

La piste des biomarqueurs sanguins pour affiner le diagnostic de la maladie d’Alzheimer

Comme l’explique le spécialiste, “la grande nouveauté, ce sont les biomarqueurs sanguins”. Il s’agit de prises de sang “presque aussi fiables que la ponction lombaire”. Il explique que “cela va révolutionner le diagnostic, en le rendant plus simple et moins invasif”. Il pourrait entrer dans le parcours de diagnostic de la maladie. Toutefois, il s’agit d’un outil de précision qui n’a pas pour objectif d’être utilisé à une large échelle.

“Ces marqueurs peuvent être positifs des années avant l’apparition des symptômes”, prévient le neurologue. “S’ils étaient utilisés trop largement, on risquerait de voir affluer dans les consultations mémoire des milliers de personnes inquiètes, mais qui ne développeront peut-être jamais la maladie”. Ces tests doivent donc être réservés aux patients présentant déjà des troubles de la mémoire “compatibles avec Alzheimer”.

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