Cancer : les bons gestes pour accompagner ma chute de cheveux

La perte des cheveux durant une thérapie anti-cancer est une étape très douloureuse. Pourtant, prendre soin de cette zone est primordial pour retrouver l’estime de soi et améliorer notre confort immédiat. Explications et conseils.

« Qui suis-je ? » C’est une question, une pensée qui persiste dans notre esprit lorsque, face à notre miroir, on ne se reconnaît plus. Nos cheveux, ainsi que nos cils et sourcils, sont tombés. Notre visage est, au fur et à mesure des traitements, devenu vierge. Un bouleversement physique autant que psychique qui amène à une perte d’identité et qui pose des questions légitimes. Pourquoi mes cheveux tombent-ils ? Repousseront-ils ? Comment me reconstruire ? Comment prendre soin de moi désormais ? Marjorie Tatard, socio-coiffeuse à Toulouse, fondatrice d’ Amarsi et consultante pour Ducray, nous livre son expertise et ses conseils afin de mieux comprendre et vivre avec le traitement.

Nos cheveux pendant le traitement

Pourquoi tombent-ils ?

Face au traitement prescrit par l’oncologue, nous ne sommes pas sans savoir que certains effets secondaires peuvent survenir. Ces derniers varient en fonction des soins et des dosages administrés. Si certaines thérapies engendrent une sécheresse cutanée, une perte de croissance ou encore de densité des cheveux, d’autres – comme la chimiothérapie par intraveineuse – provoquent inéluctablement la chute des cheveux. Et pour cause, les traitements ont pour but de cibler et d’éradiquer les cellules cancéreuses. Inévitablement, ils touchent l’ensemble de nos cellules, dont celles de notre cuir chevelu. Le bulbe pileux est alors attaqué et les cheveux sont amenés à tomber de manière progressive ou subite, partielle ou totale.

Est-ce physiquement douloureux ?

« Si elle varie en fonction de la sensibilité de chacun, la douleur existe bel et bien, selon Marjorie Tatard. Le bulbe pileux est relié aux systèmes sanguin et lymphatique ainsi qu’à des récepteurs nerveux. Lorsque la chimiothérapie agit, elle touche ces récepteurs et force le cheveu à tomber. » Des picotements et des démangeaisons peuvent se faire ressentir ainsi qu’une extrême sensibilité au niveau du cuir chevelu. « C’est comme si on nous tirait les cheveux continuellement », ajoute-t-elle.

Les solutions pour pallier la douleur

Des solutions existent pour atténuer la douleur lors de cette épreuve. À commencer par le casque réfrigérant généralement proposé pendant l’administration de la chimiothérapie. Il approche des températures entre -18 et -25 degrés. Le froid ayant des vertus anesthésiantes, il permet d’atténuer la douleur au niveau du cuir chevelu. Il est généralement proposé pour protéger les autres phanères, tels que les ongles des mains et des pieds.

« Il existe des soins apaisant, protecteur et rafraîchissant que l’on peut appliquer directement sur le cuir chevelu comme le lait apaisant Sensinol de Ducray, précise la pro. L’utilisation d’une eau thermale – comme celle proposée par Avène – participe également à la réduction des inconforts, des démangeaisons et des tiraillements de la peau en aidant à la reconstitution du cuir chevelu.

Et bien que la perte de cheveux soit traumatisante pour les patients, il est souvent bon d’anticiper cette étape en raccourcissant la longueur des cheveux en amont. Cela permet d’atténuer la douleur lors de la chute et de conserver ses cheveux naturels pour une éventuelle et future perruque. » Durant cette période, le port du bonnet de nuit, en coton ou en satin permet d’absorber notre transpiration lors du sommeil, de contrer les sensations de froid et d’éviter de voir nos cheveux tomber.

Comment limiter la sensibilité du cuir chevelu lors du traitement ?

Face à la maladie et au choc qu’entraîne l’alopécie, continuer à prendre soin de nous et de cette zone en particulier peut constituer une aide considérable dans cette quête d’identité et de valorisation de soi. Elle est essentielle également pour apaiser nos maux. Alors, quelle routine pour accompagner notre chute de cheveux et apaiser le cuir chevelu ?

Les bons gestes à adopter

En ce qui concerne l’étape du lavage, l’experte préconise un shampoing la veille de la chimiothérapie. En revanche, après le traitement, il serait bon d’attendre minimum 72h avant de réitérer l’opération. Le but étant de maintenir la protection naturelle du cheveu assurée par le film hydrolipidique. « Lorsqu’on le lave, il met 6 heures environ à se régénérer et nous expose dont davantage aux agressions extérieures durant ce laps de temps. »

Il est bon de veiller à l’action mécanique des mains sur notre crâne. Le toucher est un vecteur de bien-être important, seulement « les frictions sur le crâne peuvent réactiver la chimiothérapie dans les cellules et attaquer le bulbe une nouvelle fois », explique l’experte. Lors des shampoings et séchage, des gestes doux et pressions délicates sont recommandés. En ce qui concerne le sèche-cheveux, il peut être utilisé avec une ventilation lente et une température tiède.

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